Kévin d’Andréa

Finaliste de Top Chef 2015 à 24 ans, Kévin D’Andrea rebondit en beauté avec l’ouverture de Mensae, projet imaginé avec son associé et ami Thibault Sombardier (finaliste Top Chef 2014). A peine ouvert, le restaurant multiplie déjà les éloges.
Nous l’avions rencontré à quelques jours de l’ouverture, ému, un peu stressé et surtout très excité. Entretien avec un jeune chef décontracté mais très appliqué, pour parler cuisine, apéro et séduction…

Infatigable travailleur, Kévin n’aimait pas autant l’école que l’énergie fumante qui se dégage des cuisines. Pris sous l’aile d’Alain Llorca après un stage au Belles-Rives à Antibes, il a perfectionné sa technique dans les palaces, notamment auprès d’Alain Ducasse au Plaza Athénée et Yannick Alléno au Meurice.
Avec Mensae, il souhaite aujourd’hui proposer une cuisine qui lui ressemble, dans un lieu où les clients se sentent “comme à la maison”. Une carte simple et évolutive, des plats de qualité à prix doux, le tout servi dans un lieu cosy et chaleureux. Un pari réussi pour ce bistrot branché qui va séduire bien plus que la clientèle du quartier !


Comment t’es venue ta passion pour la cuisine ?
Je baigne dans l’univers des cuisines depuis mon enfance. Mes parents aiment les bonnes choses et cuisinent extrêmement bien. Avec ma sœur, on a eu la chance de grandir avec des parents soucieux de nous faire découvrir la gastronomie et les bons produits. Dès notre plus jeune âge, ma mère nous emmenait dans des grands restaurants.
Et puis on a beaucoup voyagé, ce qui m’a permis de découvrir de nouvelles saveurs, avec les épices notamment. J’ai vécu un an à l’Ile de la Réunion, j’en garde un merveilleux souvenir. J’étais toujours fourré avec les amis de ma mère en cuisine. Là bas, on organise souvent de belles fêtes pour lesquelles on prépare de grands repas.
Je me souviens également qu’à l’école, durant la dernière heure de cours je pensais déjà à ce que j’allais manger et cuisiner le soir avec ma mère en rentrant à la maison.

Quelles sont les valeurs qui te tiennent le plus à coeur dans ce métier ?
C’est un métier très hiérarchique, et je pense que cela m’a beaucoup apporté. Je ne veux pas faire dans le mélodrame, mais ayant grandi sans figure paternelle, j’ai trouvé des exemples auxquels me référer.
La cuisine m’a donné un cadre de vie, un peu comme à l’armée, il faut être droit, rigoureux, carré et honnête. Il faut respecter et tenir les heures, travailler dur. C’est un métier très exigent. Ce cadre strict m’a aidé à mûrir et devenir un homme. Si tu sais tenir un frigo propre, tu sais tenir ta maison propre !
(rires)

Le côté fraternel des brigades me plaît beaucoup aussi. J’ai grandi entouré de femmes, mais j’apprécie me retrouver entre mecs en cuisine. C’est une réalité, la cuisine reste un monde d’hommes, un monde donc un peu rustre… On se rentre dans la gueule, on va droit au but, pas besoin de prendre des pincettes. Mais cela nous forge et nous rapproche, après le service on va souvent boire un verre ensemble, sans rancune.
Je vous raconte ça, mais je suis super fier et content d’accueillir une fille en stage dans ma cuisine à Mensae !

Pourquoi as tu décidé de participer à Top Chef ?
C’était pour le challenge ! Je suis pourtant assez timide et la télé ne m’a jamais vraiment attiré. Mais mes amis me poussaient à tenter, Thibault (Thibault Sombardier, ndlr) m’a donné un contact, et j’ai envoyé ma candidature. C’était un pari, je n’y croyais pas vraiment… Et j’ai bien fait, car Top Chef est un super tremplin, qui me permet aujourd’hui d’ouvrir mon restaurant, avec Thibault, que je ne remercierai jamais assez de m’avoir poussé.

Qu’est ce que tu retiens de cette expérience hors du commun ?
Cette expérience m’a appris à gérer mon stress, à me canaliser et garder mon sang froid. J’ai aussi appris à me remettre en question, l’émission m’a permis de prendre du recul sur mon parcours. Je me sens aujourd’hui plus posé et réfléchi. Top Chef a été une expérience forte, et je garde un bon contact avec les autres de l’équipe (Adèle et Jean-Baptiste étaient chez moi le weekend dernier pour l’apéro !), mais aujourd’hui je passe à l’étape suivante : Mensae.

Est-ce que cuisiner aide à choper des filles ?
J’en sais rien…(rires) Je pense que c’est un petit atout en plus, c’est plus simple de séduire autour d’un bon repas et d’une bonne bouteille de vin. Attention, quand je dis “bon repas”, ça peut être des “pâtes bolo” (les miennes sont une tuerie) !
Pour mettre toutes les chances de mon côté, je ferais un plat plus en finesse, comme du poisson. Un saint pierre rôti accompagné de petites pommes de terres grenaille aillées revenues dans un petit beurre blanc, j’ouvre un bon Chardonnay… pas mal, non ? Avec ça, il faut assurer, avoir le sourire et la tchatche !

Qu’est ce qu’on mange si on passe chez toi à l’improviste un Dimanche soir ?
J’ai une coutume avec un pote, le dimanche soir c’est ramen ! On se fait notre bouillon de porc avec du cochon confit et des pâtes…c’est un peu long mais j’adore ça ! Et c’est un très bon remède à la gueule de bois ! (rires)

Et en semaine ?
Pour moi les pâtes c’est la vie, j’en mange environ quatre fois par semaine ! Comme je n’ai pas le temps quand je rentre le soir (et surtout j’ai la flemme), je me prépare à l’avance une grosse marmite de bolo, que je congèle dans des barquettes individuelles, et il ne me reste plus qu’à cuire les pâtes dans un bon bouillon de boeuf (également préparé et congelé). Je pense que cuisiner est le meilleur moyen de bien manger au quotidien sans se ruiner. Et c’est pas compliqué ! Il suffit de faire ses courses intelligemment et de s’organiser un peu (la congélation est bien pratique).

Qu’est ce que tu manges en rentrant un peu tard d’un apéro bien arrosé ?
Des pâtes en risotto, c’est rapide et délicieux ! Je déteste manger des pâtes juste bouillies à l’eau. Quand j’ai faim, même à 2 heures du matin je vais me faire un petit truc rapide et sympa ! Pour le risotto, j’émince l’oignon vraiment grossièrement, je le fais suer à l’huile d’olive dans une grande poêle, je jette mes pâtes (des coquillettes, c’est parfait car ça cuit vite), un petit bouillon cube, je déglace au vin blanc, je laisse réduire et mouille avec du bouillon. Puis je fais une petite garniture avec un peu de lard, un peu de parmesan… et basta !

Quel est l’ingrédient dont tu ne pourrais pas te passer en cuisine ?
Je suis Borméen de cœur, j’adore les produits méditerranéens. Je dirais l’oignon et l’ail tout simplement. Ce sont des rehausseurs de goût incroyables, j’en mets de partout ! Un bon confit d’oignons caramélisés, sur un bout de pain frotté à l’ail… Les choses simples sont les meilleures.

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